A mon sens, la parka est taillée pour la vie en extérieur. Pourquoi ?  Réponse dans cet article.  Vous y trouverez des éléments de réflexion afin de vous aider dans le choix d’une veste adaptée à vos besoins.

Note: pour pleinement profiter de cet article, vous êtes censé déjà connaitre les grands principes des échanges thermiques (lien) et l’habillage « 3 couches ».

1 L’effet cheminée /soufflet.

Au sein d’une parka, l’air froid entre par le bas. Ensuite, il se réchauffe au contact du corps puis sort par le col. Il s’agit de « l’effet cheminée ».

De plus, l’activité physique provoque un gonflement / dégonflement de la veste. L’air froid entre et sort au rythme des mouvements. On parle alors « d’effet soufflet ».

effet cheminée sur une veste fjallraven singi sarek

Ces deux phénomènes sont une plaie pour le randonneur car ils provoquent d’importantes pertes thermiques convectives (voir article sur les pertes thermiques ).

Par conséquent, une bonne parka doit présenter un cordon de serrage au niveau de la taille afin d’empêcher l’air froid de pénétrer trop massivement par le dessous.

De plus, pour limiter l’échappement d’air chaud autour du cou, il convient de « boucher » la sortie avec un accessoire. Ma préférence va aux tours de cou en laine (« buff ») : je les trouve plus légers et confortables que les écharpes et les chèches.

Enfin, si on a trop chaud, plutôt qu’ouvrir le ZIP central en grand et chopper la crève, on peut déjà retirer ce que l’on porte autour du cou et desserrer le cordon de la taille : cela va augmenter le débit d’air qui entre et qui sort de votre veste.

2 L’essence de la parka: la capuche !

Beaucoup de personnes croient que les capuches servent à protéger la tête de la pluie. C’est inexact, en particulier sur une parka qui résiste partiellement à l’eau.

intéret de la capuche sur une veste fjallraven sarek singi

En fait, l’intérêt des capuches est double.

D’une part, elles agissent comme une 3e couche windproof. On oublie souvent qu’un bonnet de laine est rendu peu efficace par le phénomène de convection causé par le vent… Et que l’on perd beaucoup de chaleur par la tête…

D’autre part, les capuches permettent de recycler l’air chaud qui s’échappe par le col (effet cheminée) en forçant son passage le long du cou et du visage. Votre tête baigne dans un véritable microclimat !

Enfin, certaines capuches sont munies d’une sorte de volet rabattable qui obstrue nettement le champ de vision… Ce volet « tempête » sert à protéger le visage des vents latéraux. Particulièrement utile si en plus, il tombe de la neige !

3 L’importance du col et de l’entre jambe.

De grosses artères affleurent au niveau de la carotide et de l’aine, ce qui explique pourquoi nous perdons beaucoup de chaleur sur ces points précis du corps (convection de fluides).

col montant d'une veste fjallraven sarek singi

Le col de cette parka monte très haut (mais peut être replié), ce qui est très agréable par grand vent.

En conséquence de quoi, il faut protéger ces zones et en particulier du vent.

L’idéal, c’est une parka qui descend jusqu’au-dessus du genou et dont le col peut remonter jusqu’à la mandibule par-dessus un ou plusieurs tours de cou en merinos (« buff »).

Détail du bas d'une veste fjallraven singi sarek

A mon gout, cette veste ne descend pas assez bas. En comparaison, les smocks britaniques sont de véritables robes de chambre !

Évitez à tout prix les vestes « sport » qui s’arrêtent au dessus des fesses et  dont le col est toujours trop court.

Truc au passage: par temps très froid, le port d’un caleçon long en laine est salutaire.

4 Ne serrez pas trop les poignets !

Mitaines en laine de l'armée US et veste fjallraven singi sarek

Il ne faut pas serrer les réglages des manches aux poignets mais au contraire les laisser un peu lâches afin que la manche remonte sur le dessus de la main. Ainsi, la main est à moitié protégée et surtout, le poignet baigne tout entier dans une ambiance chaude… A condition que les manches soient un peu trop longues selon les standards de la mode…

De plus, ne pas serrer ses poignets évite de créer ce qu’on appelle un pont thermique (voir point suivant).

5 Attention aux ponts thermiques !

On a vu dans l’article précédent (voir lien) que c’est l’air et non le textile qui isole. Par conséquent, un matériau isolant fonctionne moins bien s’il est comprimé.

Cela entraine deux conclusions.

personnage en train de bâtonner avec ESEE junglas, pourtant une veste Fjallraven Singi Sarek et un pantalon Barents

Gaffe au ceinturon porte-outil trop serré ! C’est un pont thermique qui fait entrer le froid au niveau des reins…

Premièrement, choisissez votre parka une taille au-dessus : vos couches thermiques doivent pouvoir « se gonfler d’air » sans être comprimées.

Deuxièmement, méfiez-vous des « accessoires » qui viennent « écraser » vos vêtements. Je pense en particulier aux bretelles de sac à dos, aux ceinturons porte-outils, aux objets lourds qu’on fout dans ses poches (veste lourde = compression sur le dessus des épaules) et aux fermoirs de manches. Certes, il y a des compromis à faire…

Parfois, il y a des solutions toutes simples ! Par exemple, la laine étant peu compressible, elle sera préférée pour les phases dynamiques avec port de sac à dos.

6 Du polycoton sinon rien.

Préférez des textiles moitié coton  / moitié synthétique, aussi appelé « polycoton », car ils ont de multiples avantages dans un contexte de camp bushcraft:
– résistants au feu, à l’abrasion
– très respirant
– silencieux (si vous voulez observer la faune)
– ne favorise par le développement d’odeurs (idem faune).

Leur principal inconvénient est de ne pas être waterproof. Aussi, il est recommandé d’emporter en plus un poncho qui vous protégera de la pluie mais servira aussi de couvre sac ou d’abri de fortune !

camp bushcraft et anorak bergans morgedal

Les Anoraks sont une bonne alternative aux parkas. L’absence de zip central fait gagner du poids mais ne permet pas de ventiler « en grand ».

Note 1 :
La proportion de coton et de synthétique peut grandement varier d’un « polycoton » à un autre.

Globalement, le coton apporte la résistance au feu, le silence et l’absence d’odeurs mais est sensible à l’abrasion humide et surtout est très hydrophile (= absorbe + d’eau = + long à sécher). Les tissus synthétiques sont très résistants à l’abrasion et absolument hydrophobes (sèchent vite) mais craignent la chaleur, sont excessivement bruyants et sentent rapidement le bouc.

Pour avoir porté du 80% coton (« Parka Allemande »), du 50/50 (« British Smocks ») et du 60% synthétique (G-1000 Fjallraven), je vous conseille d’éviter de descendre sous 50% de synthétique par climat de type « froid humide » en raison du caractère hydrophile du coton.

Note 2:
Le polycoton peut être traité pour devenir déperlant à l’aide de cire/paraffine ou de liquide siliconé. Sans être miraculeux, ce type de traitement réduit la quantité d’eau absorbée par votre veste.
Il faut juste garder à l’esprit que ces traitements « s’usent » avec la friction, la fumée, la crasse… Et qu’ils ne peuvent pas remplacer une véritable couche étanche.

Parka fjallraven singi sarek dans un camp bushcraft et personnage tenant un ESEE Junglas

Conclusion

En résumé, pour la pratique de la rando-bushcraft, on cherchera une veste:
– dont le col protège bien le cou
– longue, qui descend au dessus du genou
– avec des manches généreuses et aux poignets réglables
– en polycoton
– dotée d’une capuche

Si porter du camo ne vous gène pas, il faut savoir que la plupart des armées ont équipé leurs soldats avec des parkas en polycoton (ils doivent être fan de bushcraft ^ ^’). Il est alors possible de trouver des vestes « destockage » répondant à 100% au cahier des charges ci dessus pour souvent moins de 50€ !